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08.02.2006

Contre Kant

« Penser contre KANT »

Arguments contre le kantisme

Mauvais arguments
1- il y aurait contradiction entre les 2 critiques : la seconde restitue la métaphysique que la première critique avait détruite.
réponse : la seconde critique pose à titre de foi les objets métaphysiques, par un acte de foi , sans prétention les connaître ou les démontrer.
2- KANT conduit au scepticisme :
réponse : KANT échappe au scepticisme par la découverte de principes transcendantaux qui fondent la science.

LES VERITABLES DIFFICULTES du KANTISME:
-1 ( critique faite par JACOBI) : équilibre instable entre idéalisme et réalisme :
Pour KANT, les choses en soi sont nécessaires : source de nos impressions mais pour les poser on doit faire un usage transcendant du principe de causalité alors que la critique ne lui reconnaît qu’un usage immanent.
Si les choses en soi sont vraiment inconnaissables, n’en parlons plus ; ne parlons que de ce qu’on connaît : l’activité de l’esprit (cette chose en soi que le kantisme laisse subsister devant l’entendement il s’agira plus tard de s’en passer définitivement : FICHTE, SCHELLING, )

-2 On pourrait sortir du kantisme qui est un idéalisme par le réalisme :
- en refusant de séparer le phénomène de l’être ; le phénomène est un aspect réel d’une partie de l’être( ainsi dévoilé).
- la connaissance est extatique : elle porte sur les choses qui existent hors de nous.
Ceci dit, même dans le réalisme le mode d’union entre l’objet connu et la faculté de connaître demeure mystérieux ; mais je constate que je ne suis pas la couleur que je vois et que cette couleur est en moi, d’une certaine manière, comme objet de connaissance…..

-3 la négation de l’intuition intellectuelle avancé par Kant semble un argument non convaincant :
argument de KANT : une intuition intellectuelle serait créatrice (or, elle semble bien comporter une passivité).
réponses :
intuition et abstraction ne s’excluent pas ( comme si pour KANT l’intuition ne pouvait être que concret)
pour HUSSERL il y a des intuitions eidétiques ; l’intuition ne porte pas uniquement sur du concret. « Tout conscience est conscience de quelque chose ».
Pour ARISTOTE dans les sciences expérimentales, l’esprit est capable d’abstraite le nécessaire grâce aux intuitions intellectuelles en s’appuyant sur l’induction expérimentale

-4 les jugements synthétiques a priori créés par KANT me semblent inconsistants ou inexacts:
Rappelons que pour KANT la synthèse a priori est le problème général de la raison :
les concepts purs ( a priori) de l’entendement résultant de notre structure mentale servent à organiser le donné phénoménal et à construire la science. La nature est donc un produit de l’esprit ; de cette doctrine KANT donne pour preuve les jugements synthétique a priori : des jugements en lesquels le prédicat ajoute au sujet EXEMPLE la ligne droite est la plus courte : KANT dit que l’expérience étant toujours singulière, ce n’est pas l’intuition qui rend possible la synthèse du sujet et du prédicat, le jugement est nécessaire sous l’effet de notre structure mentale
réponses:
-KANT limite le jugement analytique au premier mode d’attribution par soi (immédiat et nécessaire). EXEMPLE le prédicat compose une partie de l’essence EXEMPLE animal, raisonnable :prédicats « par soi » de l’homme. Toutefois,il existe un deuxième mode a priori (ARISTOTE) que KANT me semble ignorer: le prédicat est une propriété du sujet EXEMPLE droit ou courbe de la ligne ; cette liaison est perçue en vertu de l’exigence même de l’objet.


-5 « la métaphysique n’a pas trouvé la voie sure d’une science » ;
- argument de la contradiction entre philosophes
- la métaphysique est un champ de bataille interminable de doctrines contradictoires (car livrée à elle-même la raison devient dialectique : elle s’illusionne en prenant de simples pensées pour de véritables connaissances)
réponse : pétition de principe
si tous les systèmes se valent c’est qu’on les considère du dehors, en s’abstenant d’y pénétrer et pour se dispenser de les étudier mais alors on n’a pas le droit de soutenir qu’aucun n’est valable
autre argument de KANT : « la métaphysique n’est pas rigoureuse comme les mathématiques » donc elle n’est pas une science.
réponse :les mathématiques ne sont pas le type unique de science ; c’est un préjugé cartésien ; la métaphysique n’est pas la science de la quantité mais science de l’être.


DIFFICULTES que soulèvent sa MORALE


MAUVAIS ARGUMENT
: ce serait une morale inhumaine, inapplicable (« KANT a les mains pures mais il n’a pas de mains »)..
réponse : KANT reconnaît qu’aucune action pure, accomplie par unique respect du devoir n’a jamais été accompli ; KANT pose un idéal ; (comme pour les chrétiens : il faut suivre la règle d’être parfait « comme le Père céleste est parfait ».)

AUTRES OBJECTIONS
1 erreur de KANT d’affirmer que la recherche du bien est nécessairement égoïste ; l’amour de soi serait immoral.
réponses :
a)si on aime DIEU pour lui-même l’amour est pur
b)il y a un amour de soi qui fait partie intégrante de la vie morale ;
l’égoïsme c’est un désordre qui consiste à préférer un bien particulier à un bien absolu
c)Dans l’amour de soi, il y a une finalité plus haute: s’aimer soi-même comme son prochain, pour l’amour de DIEU

2 erreur de KANT de dire que le bien ne peut fonder l’obligation :
réponses contre Kant:
- premier principe de la morale : « il faut faire le bien »
- C’est un principe analytique car si l’on comprend ce qu’est le bien on voit qu’il est à aimer, à faire, qu’il doit être recherché.
Mais c’est un principe souple avec divers degrés de gérondif : tout bien est à faire ; certains sont strictement obligatoires, d’autres de « conseil ».

Pour KANT seule la raison ( qui se caractérise par l’exigence de l’universel dans l’impératif catégorique) fonde le devoir : « érige le motif de ton acte en règle universelle » : le particulier ne doit pas triompher de l’universel
Ceci dit, RICOEUR ( qui a du cœur) juge cette morale trop puritaine car elle est EXPLICITEMNT sans affect, uniquement le respect et la raison…
Mais IMPLICITEMENT, RICOEUR fait observer que, d’une part, traiter l’humanité comme une fin jamais comme un moyen, d’autre part, considérer l’autre comme un alter ego sous entendent un postulat encore plus fondamental de la morale universelle à savoir l’altruisme qui est un sentiment…

..En outre, la pluralité des devoirs engendre elle aussi des conflits qu’il appartient à la sagesse pratique d’arbitrer. EXEMPLE CREON/ANTIGONE

RICOEUR souhaite parachever l’exigence du devoir :
Il faut ajouter au respect du devoir, la bienveillance pour autrui, le sens de l’honneur, le bien de l’autre ; la vie bonne , c’est, selon RICOEUR, l’estime de soi, la sollicitude pour autrui, le sens du juste et de l’injuste ( voix de la conscience et recourir éventuellement aux conseils des sages).
L’alter ego invite à la sympathie et à l’amitié car il est comme nous ; alors, comme le montre LEVINAS, ARISTOTE ( ethique à NICOMAQUE, ) dans l’amitié l’autre est un appel, l’occasion d’un ouverture vers un tiers….En outre DIEU ne doit pas être considéré seulement comme le garant de l’ordre morale, il en est l’auteur. Il n’y a pas non plus de devoirs spéciaux envers DIEU : KANT semble soumettre DIEU au monde des idées de la raison pratique…….

En résumé pour moi , il faut montrer que l’obligation trouve sa raison dans le bien et non l’inverse.

3 autre point faible de la morale kantienne : la jonction du moi phénoménale soumise à la nécessité des lois naturelles et le moi nouménal soumis à la liberté.
Comment une décision libre prise dans le monde intelligible du nouméne peut-elle se traduire dans le monde sensible où tout est strictement déterminé ? Un liberté en soi, transcendante semble inutile.( objections de RENOUVIER, BRUNSCHVICG).
Une objection qui nous ramène à la difficulté fondamentale du kantisme : la séparation du phénomène et de l’être.

QUELQUES CRITIQUES CONTRE SA THEORIE DU BEAU( 1ere partie de sa critique de la faculté de juger) :

*1 au préalable un rapide exposé de sa théorie esthétique :
le plaisir esthétique apparaît à l’occasion de la contemplation de l’objet esthétique, dans l’harmonie du libre jeu entre imagination et entendement (l’imagination n’est pas contrainte par l’entendement comme c’est le cas dans une visée cognitive).
Un contemplation formellement désintéressée : une activité qui ne vise pas un résultat déterminé
Une contemplation fondée sur le sentiment de plaisir causé par la forme de l’objet ( et non par la matière d’une sensation privée).
KANT suppose que le rapport des facultés de connaître est le même chez tous les hommes et il explique ainsi l’universalité de mon jugement. Cette universalité du jugement du goût tend les individus à expliquer le beau par des propriétés objectales ; Or, pour lui le plaisir esthétique ne s’explique pas ainsi……
dans le domaine de l’art, l’artiste de génie accomplit « une finalité sans fin » à condition que l’objet apparaisse comme s’il était une œuvre de la nature ;
dans le beau naturel, « la finalité sans fin » est présente dans une belle chose comme si elle avait été faite pour nous plaire ( d’où renvoi à un monde nouménal qui nous fait signe à travers une expérience esthétique satisfaisant).

CONSEQUENCES
*1 COMMENT EXPLIQUER LE RELATIVISME ESTHETIQUE ( désaccord entre les hommes) ?
l’argument de KANT est d’invoquer l’impureté de nos jugements de goût pour expliquer ce relativisme
( cet argument me semble une tautologie..). Ne pas accepter la relativité de l’évaluation esthétique c’est s’engager sur une fausse voie………
*2 critique des romantiques allemands ; de HEGEL ; de HEIDEGGER……….
KANT s’oppose à une tradition spéculative de l’art ; il s’oppose aussi à la conception de l’art comme révélation ontologique : d’où les critiques des romantiques allemands de IENA : NOVALIS, SCHLEGEL et surtout SCHOPENHAUER, SCHELLING :
HEGEL critique chez KANT son universalité subjective ; il le critique pour avoir affirmé que la conciliation des contraires (entendement , imagination) réalisée dans l’œuvre d’art est une affaire subjective au lieu de la concevoir comme conforme à la réalité et à la vérité.
Pour HEIDEGGER, l’œuvre d’art doit être saisi dans sa vérité de « fondement historial ». L’activité de contemplation esthétique comme le lieu privilégié de l’accès à l’être en tant qu’être. Ainsi, l’esthétique de HEIDEGGER s’oppose autant à l’esthétique subjective de KANT qu’à l’esthétique d’inspiration sociologique (qui met en évidence le lien existant entre l’expression artistique et les conditions sociales et historiques qui la déterminent).

CONCLUSION GENERALE
JEAN LACROIX (Kant et le kantisme QSJ page 121) conclue que pour KANT la philosophie est la recherche des fins inconditionnées de l’humanité et que cette recherche ne peut aboutir que sur le plan moral.( la dignité de l’homme est d’éduquer sa raison, à condition que l’intelligence bascule sous la suprématie de la volonté). D’où rappel de ma principale critique : pour KANT, qui nie la valeur de la métaphysique, la sagesse n’est régie uniquement que par l’activité pratique du sujet D. CREPIN

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Pourquoi cette annonce sur les podcasts et le blogcasting? La nécessité de transmettre de l'information au sein de nos réseaux d'associations nous conduit à rechercher l'utilisation de nouveaux médias. Internet apporte des outils multimédias d'un m...

Trackback par : arimajblog | 08.02.2006

Commentaires

Angelicum
Ce commentaire devrait être envoyé sur ta messagerie.
Le lien sur Claude-Louis ci dessous te fera découvrir les Podcasts.
Mais il te faut un casque pour le son ...
Bon surf et à bientôt
Amicalement

PS Désolé pour mon appel téléphonique rapide de tout à l'heure mais nécessité oblige...

Ecrit par : Claude-Louis | 08.02.2006